Il y a aussi des jours où tout va bien (pour moi…)

 

Paris, 6 novembre 2014.

7h – Réveil – Pas le temps de déjeuner, j’attrape deux madeleines.
Bus. RER. Aéroport CDG 2. Couloirs. Longs…
Arrivées 2E. Dena, qui arrive de New York, est déjà là !
Bigre, la ponctualité autistique en prend un coup ! J’étais censé l’attendre…
Elle dit qu’elle n’est là que depuis 5 mn, que c’est pas grave.
Elle est autiste, comme moi, alors je la crois facilement.
Tout en ruminant pendant au moins une heure la contrariété de n’avoir pas fait ce que j’ai promis : être là pour l’attendre (et lui éviter du stress), et non l’inverse.

10h – Gare de Lyon – un bon café moka, le wifi, nous préparons ses derniers détails de transport à Genève.
Problème avec bagage, j’appelle le Palais des Nations et j’obtiens l’information. Enfin l’impression de servir à quelque chose.
On échange sur divers sujets, surtout sur l’autisme bien sûr.
Et aussi beaucoup sur le problème des personnes qui voient les choses ou les gens de manière « ou tout noir ou tout blanc ».
J’explique que j’essaie de « ne m’adresser qu’aux bons côtés des gens ».
A propos des « atteintes à la liberté » que nous ressentons souvent (y-compris avec les meilleures intentions du monde), je lui parle de « benevolence dictatorship », et finalement elle me dit qu’elle va me piquer le terme (de manière sympathique). Bon au moins c’est franc 😉

12h – Je m’assure que Dena est bien dans sa voiture dans le train.
Nous avons parlé à un contrôleur SNCF qui maîtrisait assez bien l’anglais : wow !
J’informe mon contact à Genève que Dena est bien dans le TGV : elle pourra participer comme prévu à sa conférence, en tant que femme autiste ; ma petite mission (facile mais sécurisante) est terminée.

En quittant le train j’entends une très belle musique au piano.
Un jeune homme joue du piano dans la gare…
Magistral.
Il joue un morceau moderne, avec une ardeur décontractée.
Il est habillé en sportswear, avec un bonnet, des baskets…
Je trouve qu’il joue vraiment bien. Il enchaîne les morceaux, et remercie les applaudissements du public par un petit sourire timide.

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